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Musée de la Nacre et de la Tabletterie

Evénement 

Le voyage de Matisse à Tahiti
Titre
Le voyage de Matisse à Tahiti
Dates
25.09.2014 - 04.01.2014
Lieu
Musée de la Nacre et de la Tabletterie - Méru

Description

Cet automne, le Musée de la Nacre met à l’honneur Matisse

Artiste majeur du XXe siècle, et revient sur l’influence de Tahiti sur son oeuvre. À travers une centaine d’oeuvres, organisées en trois sections, l’exposition nous fait découvrir, l’évolution de la peinture de l’artiste, mais aussi l’évolution de la définition même de l’exotisme et de sa représentation. Matisse s’engage vers la simplification des formes et libère ainsi la nature des contraintes de la composition classique. Il s’oriente vers une fluidification de l’espace.
À la fin du XIXe siècle, l’île de la Polynésie française représente un paradis sur terre inédit, contrastant avec l’avènement de la modernité européenne. Poussé, sans doute, par le souvenir de Gauguin et la découverte des sculptures du Trocadéro, Matisse quitte la Côte d’Azur pour Tahiti, en 1930. Il revient de ce voyage avec de nouvelles lumières et de nouvelles formes qu’il ne cessera de travailler jusqu’à la fin de sa vie.
Exemple des grandes installations de la Révolution Industrielle, le musée de la Nacre et de la Tabletterie reconstitue une partie des ateliers d’autrefois, avec des machines d’époque. Ce lieu unique, hors du temps, témoigne d’un savoir-faire ancien dans la production d’objets variés, qu’il souhaite conserver et transmettre.

L’invitation au voyage

Suite à l’achat de la toile de Gauguin L’homme à la fleur de Tiaré, Matisse s’engage dans un débat épistolaire qui met en exergue les similitudes et les dissemblances des deux artistes. Contrairement à Gauguin, Matisse renonce à la peinture lorsqu’il est à Tahiti. Il préfère s’imprégner des lumières et observer, il adopte une démarche ethnographique. Il est plus intéressé par l’espace vide et le paysage que par l’espace physique plein qui captivait Gauguin. Matisse retient du paysage tahitien la relation de la figure au fond, jusqu’à ce qu’elle se dissolve dans celui-ci et disparaisse.

L’Assouplissement de la ligne

Cette expérience donne un nouvel élan à la production de l’artiste. Il ne s’agit plus seulement d’une expérience exotique vécue, mais d’une purification de l’expérience tahitienne à travers la mémoire et le dessin. Matisse engage son oeuvre vers un dépouillement, une simplification progressive des formes et des traits et dans l’utilisation des couleurs et leur rapport à la forme. La simplification de la ligne, l’expression du rythme, la dissolution du trait sont dans ses dessins le signe avant coureur des papiers gouachés qu’il utilisera jusqu’à la fin de sa vie.
«j’ai atteint une forme décantée jusqu’à l’essentiel»
Quinze ans après son retour, le souvenir de Tahiti engendre une nouvelle phase créatrice chez Matisse. À partir de 1943, il travaille avec des papiers découpés qu’il épingle sur le mur afin d’expérimenter l’équilibre des formes et des couleurs et préparer l’album Jazz. Les lagons illustrent parfaitement la manière dont le peintre exprime le souvenir polynésien par l’ondulation des bords de la forme, l’absence de différenciation forme/fond et la simplification extrême des formes.

Henri Matisse, Polynésie la mer, 1948, Tapisserie en laine
Tapisserie en laine
Henri Matisse, Polynésie la mer, 1948, 

Collection de la ville de Beauvais
@Succession H. Matisse


  La tapisserie Polynésie, la mer, prêt exceptionnel de la ville de Beauvais, constitue une étape émouvante vers cette sublimation de la forme, que l’artiste touche grâce au voyage à Tahiti. Il cherche là-bas encore plus de lumière et de pureté pour développer la vivacité de la ligne. Il expérimente les formes avec un bonheur et une virtuosité incroyables.